10 ans de travail

10 janvier 2019

10 ans de travail

Christiane Pooley publie cette année une monographie revenant sur 10 ans de travail pictural. Entre Santiago et Paris, l’artiste travaille à la description d’un monde que l’Europe ne connait pas, des conflits que l’humain en revanche comprend. Introspection expressive et sujets sensibles constituent un corpus dans lequel l’œil se perd et l’esprit se retrouve, ou l’inverse selon les cas.

Quand es-tu arrivée en France ?
En 2008 lors de ma première exposition à Paris et puis je me suis installé en 2010
Qu’y as-tu trouvé ?
Un accès à la culture surprenante, des musées de tout (j’ai même vue un musée de la poire tapée!), un mise en avant de l’artisanat que j’adore et du savoir vivre.
Tu donnes l'impression d'être extrêmement méticuleuse, est-ce que tu modifies beaucoup tes toiles avant de décider qu'elles sont achevées ? le sont-elles vraiment ?
Une peinture peut être achevée d’un coup et parfois cela peut prendre plusieurs années mais dans les deux cas, je décide si elles sont achevées après avoir vécu avec ces toiles un certain temps, de les avoir eues dans mon champ visuel périphérique et considérer qu’elles ont une présence, sinon je les jette. Je cherche à comprendre et apprendre des choses avec l’acte de peindre à être surprise donc mon approche change d’une œuvre a l’autre.
Tu m’as dit une fois qu'il fait très froid dans ton atelier parisien, comment fais-tu pour isoler tes pensées de l’inconfort ? y parviens-tu ?
Les ateliers à Paris sont souvent chers, mal isolés et mal chauffés. Pour m’adapter, je pars souvent au Chili en hiver car les longes journées froides à l’atelier me paralysent. Là-bas je puisse mes sources d’inspiration, je cherche des images, couleurs, je fais de dessins et puis quand il fait moins froid je rentre à peindre.  Pas mal de jeunes artistes doivent quitter Paris dû aux espaces de travail et c’est  bien dommage.
Qu’est-ce que le Chili a légué dans ta façon de regarder le monde que tu ne retrouves pas chez les français ?
Peut-être une forme d’adaptabilité au changement et de détournement de choses sérieuses en dérision, sinon on ne survit pas au Chili.
Qu’est-ce qu'un français fait ou dit de manière typique qui t’exaspère ?
Prévoir les activités sociales des semaines à l’avance ce qui pour une sud-américain est très curieux.
Un truc que tu dois ramener de chez toi pour te sentir bien ? Quelque chose que tu laisses avec joie derrière toi ?
j’aime bien ramener de l’artisanat du Sud: des objets en bois, de la céramique ou des plaides en laine. Vivre à Paris avec des objets fait main avec des matériaux naturels qui me rappellent les paysage et odeurs de mon enfance. Je laisse avec joie la pollution de Santiago.
Y-a-t-il de la musique qui te porte dans ton travail ?
Pas en particulier. J’aime écouter un peu de tout. J’écoute de la musique à a radio, des audio livres, des émissions sur l’art et la philosophie avec autant envie que du reggaeton latino.
Rose pâle, bleu pâle, ou noir ?
Rose pâle.
Vivre dans l'avion ou poser ses valises ?
Vivre dans l’avion.